EDUCATION 2000

Une perspective holistique

Il n’y a aucun copyright sur ce document. GATE l’offre au monde, comme une nouvelle fondation de l’éducation. Les lecteurs sont encouragés à photocopier et à diffuser les pages qui suivent. Nous demandons seulement que vous fassiez mention de sa source, afin que chacun puisse prendre contact avec nous pour élargir la vision. Global Alliance for Transforming Education, ties@ties-edu.org.

Enoncé de la Vision

Comprenant le Manifeste de Chicago sur l’Education (Chicago Statement on Education)

Préambule

Nous sommes enseignants, parents et citoyens de différents milieux et mouvements éducatifs, et nous partageons un intérêt commun pour l’avenir de l’humanité et de toute vie sur Terre.

Nous croyons que les sérieux problèmes qui affectent les systèmes d’éducation modernes reflètent une crise beaucoup plus profonde de notre culture: la vision du monde industrielle et technologique qui prédomine actuellement est incapable de répondre d’une manière humaine et encourageant la vie aux défis sociaux et planétaires auxquels nous faisons face aujourd’hui.

Nous croyons que nos valeurs et pratiques culturelles dominantes – accent mis sur la compétition plutôt que sur la coopération, sur la consommation plutôt que sur l’utilisation respectueuse des ressources, et sur la bureaucratie plutôt que sur les relations humaines authentiques – ont été tout aussi destructives pour la santé de l’écosystème que pour le développement optimal des êtres humains.

Lorsque l’on examine cette culture en crise, nous voyons aussi nos systèmes d’éducation sont anachroniques et disfonctionnels. En contraste avec l’usage conventionnel du mot éducation, nous croyons que notre culture doit restaurer le sens original du mot, faire émerger. Dans ce contexte, éducation signifie prendre suffisamment soin pour faire émerger la noblesse qui réside en chaque personne.

Le but de cet Enoncé est de proclamer une vision alternative de l’éducation, une vision affirmant la vie et constituant une réponse démocratique aux défis des années 1990 et suivantes. Parce que nous valorisons la diversité et encourageons une grande variété de méthodes, d’applications et de pratiques, c’est une vision vers laquelle éducateurs et enseignants peuvent s’orienter chacun à sa manière. Toutes les idées présentées ici n’ont reçu l’unanimité totale, même parmi ceux d’entre-nous qui approuvent ce document. La vision trancende nos différences. Elle nous indique une direction qui offre une résolution humaine aux crises de l’éducation moderne.

Principe I. Eduquer pour le développement humain

Nous affirmons que le but primordial et fondamental de l’éducation est de nourrir les possibilités inhérentes du développement humain. Les écoles doivent être des lieux qui facilitent l’apprentissage et le plein développement de tous les étudiants. L’étude doit inclure l’enrichissement et l’approfondissement des relations avec soi-même, la famille et les membres de la communauté, la communauté globale, la planète et enfin, le cosmos. Ces idées ont été clairement exprimées et mises en pratique par de grands pionniers de l’éducation comme Pestalozzi, Froebel, Dewey, Montessori, Steiner, et bien d’autres.

Malheureusement, l’éducation publique n’a jamais eu le développement humain optimal comme objectif premier. La littérature historique démontre clairement que les systèmes scolaires étaient organisés pour augmenter la productivité nationale en inculquant des habitudes telles que l’obéissance, la loyauté et la discipline. Les ouvrages des années 80 et 90 sur la "restructuration" et "l’excellence" sont toujours imbibées du souci de productivité et de compétitivité de l’économie nationale, et cherchent à mettre les aptitudes et rêves de la prochaine génération au service du développement économique. Nous croyons que le développement humain doit passer avant le développement économique.

Nous réclamons une reconnaissance renouvellée des valeurs humaines qui ont été érodées par la culture moderne: harmonie, paix, coopération, communauté, honnêteté, justice, égalité, compassion, compréhension et amour. L’être humain est plus vaste et complexe que ses rôles de travailleur ou de citoyen. Si les systèmes d’éducation, de protection de l’enfance et de compétitivité d’une nation ne sont pas en mesure d’éduquer à la compréhension de soi-même, à la santé émotionnelle et aux valeurs démocratiques, le succès économique sera miné par un effondrement moral de la société. En fait, c’est déjà en train de se produire, comme nous le rappellent le fléau de la drogue, l’augmentation de la criminalité, de l’alcoolisme, du viol d’enfants, de la corruption politique et commerciale, de l’aliénation et du suicide d’adolescents, et de la violence dans les écoles. Nous devons élever des êtres humains sains si nous voulons avoir une société et une économie saines. Il est clair que le système économique doit pouvoir compter sur une force de travail d’un bon niveau d’instruction. La meilleure façon d’assurer cette force de travail, c’est de traiter les jeunes gens en priorité comme des êtres humains, et ensuite seulement comme futurs travailleurs. Seuls les gens qui vivent une vie pleine, saine et dotée de sens peuvent réellement être productifs. Nous réclamons un meilleur équilibre entre les besoins de la vie économique et ces idéaux humains qui trancendent l’économie et qui sont nécessaire à toute action responsable.

Principe II. Considérer les étudiants comme des individus

Nous réclamons que chaque étudiant – jeune et vieux – soit reconnu comme un individu à part entière, avec sa valeur et son caractère propre. Cela signifie que l’on accueille le différences et que l’on encourage en chaque étudiant un sens de la tolérance, du respect et de l’appréciation de la diversité humaine. De manière inhérente, chaque individu est créatif, et a des besoins physiques, émotionnels, intellectuels et spirituels qui lui sont propres. Chacun possède une capacité d’apprendre illimitée.

Nous réclamons une reconsidération totale deses systèmes de dégrés, d’évaluation et de standardisation des examens. Nous croyons que la fonction première de l’évaluation est de fournir un feed-back à l’étudiant et à l’enseignant, pour faciliter le processus d’apprentissage. Nous suggérons que les notes "objectives" ne servent pas vraiment l’apprentissage ni le développement optimal des étudiants. Nous nous sommes tellement préoccupés à mesurer le mesurable que nous avons négligé les aspects du développement humain qui sont d’une importance immensurable. En plus de la négation d’importantes dimensions de chaque étudiant, les examens standardisés servent aussi à éliminer ceux qui ne peuvent pas être standardisés. Dans les écoles innovatives du monde entier, les degrés et les examens standardisés ont été remplacés par des évaluations personnelles qui permettent aux étudiants de trouver leur propre direction. Résultat naturel de cette pratique, la connaissance de soi, l’auto-discipline et un véritable enthousiasme pour l’étude se développent.

Nous réclamons une application plus vaste de l’immense connaissance que nous avons aujourd’hui des différents styles d’apprentissage, d’intelligence et des bases psychologique de l’apprentissage. Nous n’avons plus la moindre excuse pour imposer en masse des tâches, matériaux et méthodes d’éducation lorsque nous savons que tout groupe d’étudiant aura besoin d’étudier de différentes façons, à travers différentes stratégies et activités. Les travaux qui ont été réalisés sur la multiplicité de l’intelligence ont démontré que des domaines tels que la kinéstéthique, la musique ou l’approche visuelle spaciale peuvent être mis à contribution pour renforcer des faiblesses dans d’autres domaines comme la linguistique ou la logique mathématique.

Nous remettons en question la valeur de catégories telles que "doué(e)", "handicapé(e) pour l’étude" ou "à risque". Les étudiant de tous âges diffèrent beaucoup, sur toute une gamme d’aptitudes, de talents, d’inclinaisons et de provenances. L’attribution de telles étiquettes ne décrit pas le potentiel individuel de l’étudiant, il définit simplement cet étudiant en fonction des attentes arbitraires du système. Le terme "à risque" est particulièrement pernicieux: il sert à justifier les objectifs homogènes et compétitifs du système éducatif en ignorant les expériences et perceptions personnelles qui sont sous-jacentes à toute difficulté particulière de l’étudiant. Nous suggérons plutôt que l’école soit transformée, afin de respecter l’individualité de chacun – et que nous puissions bâtir une véritable communauté d’étude dans laquelle les gens puissent apprendre à s’enrichir de leurs différences, dans laquelle ils soient encouragés à valoriser leurs propres forces, et à s’aider les uns les autres. Dans un tel contexte, les besoins de l’individu seraient satisfaits.

Principe III. Le rôle central de l’expérience

Nous affirmons ce que la plupart des éducateurs éclairés ont répété depuis des siècles: l’éducation est une question d’expérience. L’apprentissage est un engagement actif et multi-sensoriel entre l’individu et le monde, un contact mutuel qui donne du pouvoir à l’étudiant et révèle la richesse de la signification du monde. L’expérience est dynamique, elle grandit constamment. Le but de l’éducation doit être de nourrir une croissance naturelle à travers l’expérience, et non de présenter un "programme" limité, fragmenté et pré-digéré comme la voie vers la connaissance et la sagesse.

Nous croyons que l’éducation devrait relier l’étudiant aux merveilles du monde naturel, à l’aide d’approches expérimentales qui immergent l’étudiant dans la vie et dans la nature. L’éducation devrait relier l’étudiant aux activités du monde social, par des contacts véritables avec la vie économique et sociale de la communauté. L’éducation devrait familiariser l’étudiant avec son propre monde intérieur par l’art, les dialogues honnêtes, des temps de réflexion et de calme: sans cette connaissance du soi intérieur, toute connaissance extérieure est superficielle et sans signification.

Principe IV. Education holistique

Nous réclamons une vision globale dans les processus d’éducation, et la transformation des institutions éducatives et des politiques d’éducation afin d’atteindre cet objectif. Une vision globale implique que chaque discipline académique fournisse réellement une perspective différente sur le phénomène riche, complexe et intégré qu’est la vie. L’éducation holistique célèbre l’évolution, les visions alternées de la réalité et la multiplicité des voies pour parvenir à la connaisance; elle en fait un usage constructif. Ce ne sont pas seulement les aspects intellectuels et professionnels du développement humain qui ont besoin d’être éduqués, mais aussi les aspects physique, social, moral, esthétique, créatif et – dans un sens non-sectaire – spirituel. En plus de la réalité expérimentale, l’éducation holistique prend en compte les innombrables mystères de la vie et de l’univers.

Le holisme est un paradigme qui ré-émerge, héritier de nombreux domaines de la connaisance. Le holisme affirme l’interdépendance inhérente de la théorie d’évolution, de la recherche et de la pratique. Le holisme prend ses racines dans le postulat que l’univers est un tout intégré dans lequel tout est relié. Ce postulat de globalité et d’unité est en opposition directe avec le paradigme de séparation et de fragmentation qui prévaut dans le monde contemporain. En mettant l’accent sur une conception élargie de la science et des possibilités humaines, le holisme corrige le déséquilibre des approches réductionnistes. Le holisme comporte d’importantes implications vis-à-vis de l’écologie et de l’évolution planétaires. Ces implications sont passées en revue d’un bout à l’autre de ce document.

Principe V. Nouveau rôle des éducateurs.

Nous réclamons une nouvelle compréhension du rôle de l’enseignant. Nous croyons que l’enseignement est essentiellement une vocation ou un appel, qu’elle recquiert un mélange de sensibilité artistique et de pratique scientifique fondée. Aujourd’hui, beaucoup d’éducateurs se sont laissé prendre au piège de la compétitivité professionnelle: certificats et pièces justificatives de ses capacités, jargon et techniques spécifiques, et réserve toute profesionnelle vis-à-vis des questions spirituelles, morales et émotionnelles qui font inévitablement partie du processus de développement humain. Nous maintenons qu’au contraire, les éducateurs devraient faciliter l’apprentissage, qui est un processus organique et naturel, et non un produit qui peut être offert sur demande. Les enseignants ont besoin d’autonomie pour pouvoir créer et mettre au point des environnements d’étude appropriés aux besoins de chacun de leurs étudiants.

Nous réclamons de nouveaux modèles d’éducation des enseignants, qui comprennent la culture de la croissance intérieure et de l’éveil créatif de l’enseignant. Lorsque les éducateurs sont ouverts à leur être propre, ils peuvent installer un processus de co-apprentissage et de co-création avec l’étudiant. L’enseignement nécéssite une extrême sensibilité aux défis du développement humain, et non un kit de méthodes et de matériaux préemballés. Nous réclamons des enseignants qui s’intéressent en priorité aux étudiants, et témoignent du respect pour l’individu. Les éducateurs devraient connaitre et être attentifs à tous les besoins des étudiants ainsi qu’à leurs différences et capacités; il devrait être capable de répondre à ces besoins à tous les niveaux. Les éducateurs doivent toujours considérer chaque individu dans les contextes de la famille, de l’école, de la société, de la communauté globale et du cosmos.

Nous réclamons la débureaucratisation des systèmes scolaires, afin que les écoles (de même que la maison, les parcs, le monde naturel, le travail et tous les lieux où l’on apprend) puisent être des lieux de rencontre humaine authentique. La littérature actuelle sur la restructuration met l’accent sur le rendement, mettant l’enseignant au service des administrateurs. Nous prétendons qu’au contraire, l’enseignant est avant tout au service des jeunes gens qui cherchent à développer une compréhension sensée du monde qu’ils hériteront un jour.

Principe VI. Liberté de choix

Nous réclamons des opportunités de choix significatives à chaque étape du processus d’apprentissage. Une éducation authentique peut seulement prendre place dans une atmosphère de liberté. La liberté de recherche, d’expression et de croissance personnelle sont nécéssaires. En général, on devrait permettre aux étudiants de faire de vrais choix au cours de leurs études. Ils devraient avoir leutr part de décision lors la détermination de leur programme et des disciplines, en fonction de leur capacité à assumer une telle responsabilité. Pourtant, nous reconnaissons que certaines approches de l’instruction resteront largement dirigées par des adultes, à ause de convictions philosophiques ou parce que cela servira certains groupes spéciaux d’étudiants. La question, c’est que les familles et étudiants doivent être libres de choisir de telles approches ou non.

Les familles devraient avoir accès à différentes gammes d’options éducatives au sein des écoles publiques. Au lieu du seul système actuel qui offre une quantité "d’alternatives", l’éducation publique devrait consister en plusieurs alternatives. Désormais, l’éducation publique ne doit plus avoir la mission d’imposer une culture homogène à une société diversifiée. Nous avons encore besoin d’école non-publiques, qui ont tendance à être plus réceptives aux innovations les plus avancées et sont davantage capables d’incarner les valeurs d’une religion particulière ou de petites communautés très resserrées. Les familles devraient avoir la liberté d’éduquer leurs enfants à la maison, sans interférences indues des autorités publiques. L’éducation à domicile a prouvé être éducativement, socialement et moralement enrichissante pour beaucoup d’enfants et de familles.

Principe VII. Eduquer pour une démocratie participative

Nous réclamons un modèle d’éducation réellement démocratique, pour encourager tous les citoyens à participer de manière signficative à la vie de la communauté et de la planète. La construction d’une société réellement démocratique signifie beaucoup plus que de permettre aux gens de voter pour leurs élus. Cela signifie encourager les individus à utiliser leur pouvoir pour prendre une part active dans les affaires de leur communauté. Une société réellement démocratique est davantage que la "loi de la majorité"; c’est une communauté dans laquelle des voix disparates se font entendre et , et où les préoccupations humaines authentiques sont prises en compte. C’est une société ouverte au changement constructif lorsque le changement social ou culturel devient nécéssaire.

Pour maintenir une telle communauté, une société doit être enracinée dans un esprit d’empathie de ses citoyens – une volonté de comprendre et d’avoir de la compassion pour les besoins des autres. Il doit exister une reconnaissance de nos besoins humains communs, qui relie les gens en voisinages, nations, et dans la communauté planétaire. De cette reconnaissance doit naître une préoccupation pour la justice. Pour garantir ces hauts idéaux, les citoyens doivent pouvoir penser de manière critique et indépendante. Une véritable démocratie dépend d’une population capable de discerner la vérité de la propagande, les intérêts communs des slogans partisans. A une époque où la politique est dirigée par des sondages d’opinion et des relations publiques décevantes, la pensée critique est plus vitale que jamais pour la survie de la démocratie.

Ces sont toutes des tâches éducatives. Pourtant, les méthodes d’éducation et d’apprentissage ne peuvent encourager ces valeurs à moins qu’elles les incarne. L’environnement d’étude doit lui-même évoluer autour de l’empathie, du partage des besoins humains, de la justice et de l’encouragement de la pensée critique et originale. C’est vraiment l’essence de l’éducation véritable; c’est l’idéal socratique, qui a rarement été réalisé dans les systèmes d’éducation.

Principe VIII. Eduquer pour la citoyenneté globale

Nous croyons que chacun d’entre-nous – que nous le réalisions ou non – est un(e) citoyen(ne) global(e). L’expérience humaine est beaucoup plus vaste que les valeurs ou façons de penser d’une seule culture. Dans la communauté globale qui émerge, nous sommes mis en contact avec des cultures et vision du monde différentes, comme jamais auparavant. Nous croyons qu’il est temps que l’éducation favorise l’appréciation de l’extraordinaire diversité de l’expérience humaine, et encourage l’émergence du potentiel perdu ou encore inemployé de l’être humain. Dans un âge global, l’éducation doit accéder à ce qui est le plus pleinement et universelllement humain dans les jeunes générations de toutes les cultures.

L’éducation globale est basée sur une approche écologique, qui accentue la relation et l’interdépendance de la nature, de l’être humain et de la culture. L’éducation encourage la prise de conscience du rôle de l’individu dans l’écologie globale, qui comprend la famille humaine, les autres systèmes de la Terre et l’univers. Un des buts de l’éducation globale est d’ouvrir les esprits. Cela s’accomplit par des études interdisciplinaires, des expériences qui facilitent la compréhension, par la réflexion et la pensée critique, et par la réponse créative. L’éducation globale nous rappelle que toute éducation et toute activité humaine doit reposer sur des principes qui gouvernent avec succès les systèmes écologiques. Ces principes comprennent l’importance de la diversité, de la coopération et de l’équilibre, les besoins et droits des participants et la nécéssité d’entretenir la vie au sein du système.

La compréhension des causes de conflits et l’expérience de méthodes de résolution de conflit sont également des composants importants de l’éducation globale. Dans un même temps, l’exploration de questions sociales commes les droits de l’homme, la justice, les pressions sur les populations et le développement sont essentielles à une véritable compréhension des causes de la guerre et des conditions de la paix.

Les religions du monde et les traditions spirituelles ayant un si grand impact, l’éducation globale encourage leur compréhension et appréciation, ainsi que celle des valeurs universelles qu’elles proclament: recherche du sens, amour, compassion, sagesses, vérité et harmonie. De ce fait, l’éducation dans un âge global traite de ce qui est le plus pleinement et universellement humain.

Principe IX. Eduquer pour apprendre la Terre

Nous croyons que l’éducatio doit jaillir organiquement d’un profond respect pour la vie sous toutes ses formes. Nous devons relier une relation entre l’être humain et le monde naturel, qui est nourricier et non exploiteur. C’est au coeur de notre vision pour le vingt-et-unième siècle. La planète Terre est un système extrêmement complexe, mais fondamentalement, c’est un système indivisible et vivant, un oasis dans le grans vide de l’espace. Les sciences post-newtoniennes, la théorie des systèmes et d’autres avancées récentes dans la pensée moderne ont reconnu ce que d’anciennes traditions spirituelles et mythologiques ont affirmé depuis des siècles: la planète et toute la vie qu’elle contient forme un tout interdépendant. Le institutions politiques et économiques doivent développer un profond respect pour cette interdépendance. Si nous voulons que l’humanité survive, nous devons tous reconnaitre le besoin impératif d’une coopération globale et d’une sensibilité écologique. Nos enfants ont besoin d’une planète saine sur laquelle vivre, apprendre et grandir. Ils ont besoin d’air pur, d’eau pure, de la lumière du soleil, d’un sol nourricier, et de toutes les autres formes de vie que comprend l’écosystème de la Terre. Une planète malade ne permet pas d’avoir des enfants sains.

Nous réclamons une éducation qui promouvoie l’apprentissage de la Terre, qui traite de la conscience de l’interdépendance planétaire, du lien direct entre bien-être personnel et global, du rôle de l’individu et l’étendue de sa reponsabilité. L’éducation doit prendre ses racines dans une perspective globale et écologique, afin de cultiver une appréciation pour l’interconnection de toute vie chez les jeunes générations. L’éducation Terrestre comprend une évaluation holistique de notre planète et des processus qui garantissent toute vie. Au centre de ces études, on trouve la connaissance des systèmes fondamentaux de maintien de la vie, des courants d’énergie, des cycles, des interrelations et du changement. L’éducation Terrestre est un champ intégré comprennant la politique, l’économie, la culture, l’histoire, et les processus de transformation personnelle et sociale.

Principe X. Spiritualité et éducation

Nous croyons que chaque individu est un être spirituel sous une forme humaine, qui exprime son individualité à travers ses talents, ses aptitudes, son intuition et son intelligence. Tout comme une personne se développe physiquement, émotionnellement et intellectuellement, une personne se développe spirituellement. L’expérience et le développement spirituels se manifestent sous forme de profonde connection à soi-même et aux autres, par le développement d’une signification et d’un dessein dans la vie quotidienne, par des répits dans l’activié frénétique les pressions et les trop fortes stimulations de la vie contemporaine, par la plénitude de l’expérience créative, et par un profond respect pour les innombrables mystères de la vie. La partie la plus importante et la plus valable de la personne est sa vie subjective, le soi, ou autrement dit l’âme.

L’absence de dimension spirituelle est un facteur crucial dans les comportements auto-destructifs. L’abus d’alcool et de drogues. la sexualité vide, le crime et la désintégration de la famille viennent tous d’une recherche déplacée de relation, de mystère et de sens, et constituent une fuite de la douleur de ne pas avoir une véritable source de plénitude et d’accomplissement.

Nous croyons que l’éducation doit nourrir la croissance harmonieuse de la vie spirituelle en ne lui faisant pas violence avec des évaluations constantes et de a compétition. L’une des fonction de l’éducation est d’aider les individus à prendre conscience de l’interconnection de toute vie. Aux fondements de cette conscience du tout et de l’interrelation, on trouve cette éthique exprimée par toutes les grandes traditions du monde: "Ce que je fais aux autres, je le fais à moi-même". L’encouragement au pouvoir individuel est tout aussi fondamental dans le concept de relation entre toutes choses. Si chacun est relié à chacun et à tout ce qui l’entoure, alors l’individu peut avoir – et a – une influence importante.

En privilégiant ce profond sens de relation aux autres et à la Terre dans toutes ses dimensions, l’éducation holistique encourage la responsabilité envers soi-même, envers les autres et envers la planète. Nous croyons que cette responsabilité n’est pas un fardeau, mais qu’elle émerge plutôt d’un sentiment de connection et de puissance. La responsabilité individuelle, de groupe et globale se développe en encourageant la compassion –ce sentiment qui pousse l’individu à souager les souffrances des autres – en instillant la conviction que le changement est possible, et en offrant les outils qui rendent ces changements possibles.

Conclusion

Nous approchons du vingt-et-unième siècle, et beaucoup de nos institutions et professions rentrent dans une période de transformation profonde. Nous, dans l’éducati, commençons à reconnaitre que la structure, les desseins et les méthodes de notre profession ont été créées pour une période de l’histoire qui s’’achève. Le temps est venu de transformer l’éducation afin qu’elle réponde aux défis humains et environnementax auquels nous sommes confrontés.

Nous croyons que l’éducation pour cette nouvelle ère doit être holistique. La perspective holistique est la reconnaissance que toute vie sur cette planète est interconnectée de manières profondes, subtiles et innombrables. La vision de la planète suspendue dans le vide de l’espace souligne l’importance d’une perspective globale dans les réalités sociales et éducatives. L’éducation doit nourrir le respect pour la communauté globale de l’humanité.

Le holisme met l’accent sur le défi auquel nous sommes confrontés: créer une société sustentatrice, juste, pacifique et en harmonie avec la Terre et toute sa vie. Cela implique une sensibilité écologique – un profond respect pour les cultures indigènes et modernes, mais aussi pour les diverses formes de vie de la planète. Le holisme cherche à élargir la manière dont nous nous voyons nous-mêmes et en relation avec le monde, en célébrant nos potentiels humains innés – intuitifs, émotionnels, physiques, imaginatifs et créatifs, mais aussi rationnels, logiques et verbaux.

L’éducation holistique reconnait que les êtres humains recherchent un sens, et non seulement des faits et des aptitudes, et que c’est une partie intrinsèque de leur plein et sain développement. Nous croyons que seuls des êtres humains sains et emplis de sens créent une société saine. L’éducation holistique nourrit les plus hautes aspirations de l’esprit humain.